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Hannington, James
De 1847 à 1885
Anglican
Ouganda

Le dix-neuvième siècle était le siècle de l'expansion missionnaire. Enflammés par le zèle évangélique de partager la bonne nouvelle de Dieu en Jésus-Christ, les missionnaires ont traversé les jungles et les déserts en Afrique, ont appris les langues locales, et ont bravé des climats pestilentiels pour créer des écoles, des hôpitaux, et des églises. Certains ont été tués, d'autres sont morts de maladies débilitantes, mais avant la fin du siècle il existait une présence missionnaire globale. L'histoire de l'expansion missionnaire n'est pas une histoire de triomphes glorieux. Un grand nombre de missionnaires ont succombé à la maladie et au martyre, et James Hannington fait partie de ce groupe. Il est devenu évêque de l'Afrique équatoriale de l'est en 1884, à l'âge de trente-quatre ans, et a entamé un voyage tragique vers l'Ouganda. Peu avant d'arriver à la cour de Mwanga, un roi (kabaka) suspect, il a été saisi avec tous ceux de son groupe par les soldats de celui-ci, et emprisonné. Le 22 juillet Hannington a écrit ceci :

L'avenir n'est pas très gai…la faim, la désertion, la traîtrise, et quelques autres cauchemars et mauvais esprits rôdent au-dessus de moi en formes de fantômes, et pourtant, en dépit de tout, j'ai le moral. Permettez-moi de vous supplier de prier sans cesse. C'est vous qui devez me soutenir les mains, de peur qu'elles ne tombent. Si je vis ici le dernier chapitre de mon histoire terrestre, le chapitre suivant sera la première page de la céleste - sans tâches, sans bavures, pas d'incohérence, seulement le doux échange en présence de l'agneau.
Il a été tenu prisonnier par un chef régional près de la frontière de l'Ouganda et a écrit :
Le 28. Le 7ème jour. Une nuit terrible ; d'abord les gardes bruyants et soûls, et ensuite la vermine, qui ont trouvé ma tente et qui fourmillent. Je ne pense pas avoir dormi même une heure, et je me suis réveillé avec une fièvre qui montait rapidement. O Seigneur, aie pitié de moi et relâche moi ! Je suis assez brisé, mis à bas. Réconfort de la lecture du Psaume 27. La fièvre a vite avancé...j'ai vite eu le délire.

Le soir. La fièvre m'a quitté. J'entends dire que Mwanga a envoyé trois soldats, mais on ne me fait pas savoir quelles sorte de nouvelles ils amènent. Très réconforté par le 28ème Psaume.

Le 29 (8ème jour). Je n'ai pas de nouvelles, mais le 30ème Psaume m'a soutenu, et m'est arrivé très puissamment. Une hyène hurlait près de moi hier soir, elle sentait une homme malade. J'espère qu'elle n'aura pas encore ma peau. [1]
Peu après, l'évêque et ses cinquante porteurs ont été amené ailleurs et tués. Une grande persécution de chrétiens s'ensuivit et beaucoup furent tués ou vendus comme esclaves aux arabes. L'église anglicane, dans laquelle Hannington était évêque, se sert de cette prière pour commémorer sa mort:
O Seigneur, la mort de tes saints t'est précieuse, la mort de ceux dont le témoignage, par ta providence, donne sa grande récompense : Nous te louons pour tes martyrs James Hannington et ses compagnons, qui avec leur sang ont acheté la voie de la proclamation de l'évangile vers l'Ouganda ; nous prions qu'avec eux, nous aussi puissions obtenir la couronne de la droiture qui est réservée à ceux qui attendent dans l'amour l'apparition de notre Sauveur Jésus-Christ, qui vit et qui règne avec toi et l'Esprit Saint, un Dieu, pour toute l'éternité. Amen. [2]

Frédéric Quinn


Notes:

1. J.R.H. Moorman, History of the Church in England, 3rd ed. [Histoire de l'église en Angleterre, 3ème éd.] (Harrisburg, Pa. : Morehouse Publishers, 1994), 404.
2. The Proper for the Lesser Feasts and Fasts, 3rd ed. [recueil de textes pour fêtes anglicanes] (New York: Church Hymnal Corporation, 1980), 361.

Cet article est reproduit, avec permission, de African Saints: Saints, Martyrs, and Holy People from the Continent of Africa [Saints africains: saints, martyrs et personnes saintes du continent africain], copyright © 2002 par Frederic Quinn, Crossroads Publishing Company, New York, New York. Tous droits réservés.




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