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Ntsikana (Chef Sicana) Gaba
1780 à 1820
Indépendant
Afrique du Sud

Ntsikana a fondé la première organisation chrétienne africaine vers 1815. Il était aussi le premier grand écrivain Xhosa de cantiques, et son "grand cantique" se trouve dans beaucoup de recueils de chants contemporains.

Ntsikana est né vers 1780 dans la tribu Ngqika, et il est devenu conseiller héréditaire des Ngqika, le groupe le plus important du royaume des chefs Rharhabe. Il a vécu à une époque de colonisation blanche croissante à la frontière orientale, lors des conflits entre les Xhosa et les nouveaux colons. Son père, Gaba, était polygame, comme l'étaient la plupart des Xhosa avant de s'être convertis (Bokwe 1914, 4). Sa mère, Nonabe, était la deuxième femme. La première femme était jalouse, et elle a accusé Nonabe de sorcellerie, l'obligeant à fuir. C'est quelques mois plus tard que Ntsikana est né.

Quand Ntsikana avait à peu près douze ans, son père l'a convoqué. Comme Gaba n'avait eu qu'une fille de sa première femme, Noyiki, celle-ci a adopté Ntsikana, et il a grandi en s'occupant des troupeaux de son père et en apprenant à faire la chasse.

Vers la fin de son adolescence, un missionnaire de la London Missionary Society [Société missionnaire de Londres] qui s'appelait Van der Kemp, est arrivé dans sa région. De 1799 à 1801 le missionnaire a essayé de faire de l'évangélisation, mais il a eu peu de succès. C'est de sa part que Ntsikana a entendu le message chrétien pour la première fois. Van der Kemp a quitté le territoire Ngqika pour aller vivre à Graaff-Reinet. Peu après, les deux grands chefs Rharhabe, Ngqika et Ndlambe, sont entrés en guerre à la frontière de l'est. Ngqika a perdu la bataille d'Amalinde, et la guerre s'est terminée. Les guerriers de Ndlambe ont ensuite attaqué Grahamstown en 1819 (la cinquième guerre frontalière) et une zone tampon a été déclarée entre la [rivière] Fish et la Keiskamma.

C'est seulement en 1816 que le prochain missionnaire est arrivé dans la région de Ntsikama, le rév. Joseph Williams, qui a ouvert une station missionnaire près de la [rivière] Kat.

Lorsque Ntsikana est passé par la cérémonie comme un Amakweta et a été accepté à l'âge d'homme, on lui a trouvé deux femmes : Nontsonta, qui est devenue la mère de Kobe, et Nomamto, qui était la mère de Dukwana et de deux frères plus jeunes. Quand son père est mort, Ntsikana a hérité de tout ce qui lui appartenait.

C'est vers cette époque que Ntsikana a eu une vision. Il avait un bœuf favori, un grand animal brun foncé et tacheté de blanc aux grandes cornes, qu'il appelait Hulushe. Un jour au kraal il a remarqué qu'un rayon de soleil plus brilliant que les autres frappait le côté de son bœuf, et il est entré en transe. Il a demandé à Kobe, qui se tenait là, s'il avait vu ce qui c'était passé, mais le garçon n'avait rien vu. Ntsikana a continué à se demander ce qui c'était passé, et d'autres choses étranges sont arrivées pendant un mariage le même jour. Ntsikana a ramené sa famille à la maison, et s'est arrêté en route pour enlever son ochre rouge en se lavant. Personne ne comprenait ce qui lui était arrivé.

Pendant les jours suivants, Ntsika a commencé à fredonner un chant qui est devenu son "hymne rond" par la suite. Il a dit à tout le monde qu'ils devaient prier, et il a commencé à tenir des réunions régulièrement. Il leur disait qu'ils ne devaient pas écouter Nxele, le "sorcier." C'est ainsi que son ministère a commencé. Ntsika ne s'est pas installé à la station missionnaire mais rendait visite à Williams régulièrement, et après la mort de celui-ci, à Brownlee. Il pensait aller s'installer à la mission de Chumie lorsqu'il est mort à Thwatwa en 1821 (Hodgson 1981, 6).

Ntsikana a écrit quatre cantiques et la mieux connue est son " grand hymne, " que l'on trouve encore dans les recueils de chants modernes. Bien des années après, Alan Soga a écrit les versets suivants pour rendre hommage à Ntsikana:

What 'thing' Ntsikana was't that prompted thee
To preach to thy dark countrymen beneath yon tree?
What sacred vision did the mind enthral,
Whils't thou lay dormant in thy cattle kraal?

[Qu'est-ce qui t'a poussé, Ntsikana,
à prêcher à tes compatriotes?
Quelle vision sacrée a captivé ton esprit
alors que tu étais encore couché dans ton Kraal?]
[traduction Sigg]
L'hymne de Ntsikana loue Dieu comme le grand Dieu des cieux. Une grande partie de la théologie de Ntsikana venait de son expérience personnelle, et on considère qu'il était le premier converti Xhosa important.
Ulo Tixo omkulu, ngosezulwini
(Le grand Dieu, Il est au ciel.
Tu es qui tu es, Bouclier de vérité.
Tu es qui tu es, Forteresse de vérité.
Tu es qui tu es, hallier de vérité.
Tu es qui tu es, toi qui résides au plus haut des cieux.
Qui a crée la vie (ici-bas) et a crée (la vie) là-haut.
Le créateur qui a crée, a crée les cieux.
Ce créateur des étoiles, et des Pléiades.
Une étoile a brillé, et nous l'a dit.
Celui qui crée les aveugles, est-ce qu'il ne le fait pas exprès?
La trompette a sonné, elle nous a appelés,
Quand à lui, il fait la chasse aux âmes.
Il rassemble les troupeaux qui s'opposent.
Le leader, Il nous a dirigés.
Sa grande cape, nous l'avons mise.
Tes mains, elles sont blessées.
Tes pieds, ils sont blessés.
Ton sang, pourquoi coule-t-il?
Ton sang, il a été versé pour nous.
Ce grand prix, l'avons-nous appelé?
Ce foyer qui est à toi, l'avons-nous appelé?)

J.K.B.
[Traduction Sigg]

J.A. Millard


Bibliographie:

Bokwe, J. Ntsikana. Lovedale: Lovedale Press, 1914.
Hodgson, J. "The Genius of Ntsikana." [Le génie de Ntsikana] Texte présenté au congrès sur la littérature et la société. Cape Town, 1981.
Hodgson, J. "Ntsikana - Precursor of Independency?" [Ntsikana - précurseur de l'état d'indépendance?] Missionalia, vol. 12 (1), avril 1984.
Holt, B. Joseph Williams and the Pioneer Mission to the Southeastern Bantu [Joseph Williams et la mission pionnière auprès des Bantu du sud-ouest]. Lovedale: Lovedale Press, 1954.
Ntsikana, B. The Life of Ntsikana [La vie de Ntsikana]. Lovedale: Lovedale Press, 1902.



Cet article est reproduit, avec permission, de Malihambe - Let the Word Spread, copyright © 1999, par J.A. Millard, Unisa Press, Pretoria, South Africa, Tous droits réservés.




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