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Johnson, James
c. 1836 à 1917
Anglican
Sierra Leone/Nigeria

L'évêque James "saint" Johnson, proto nationaliste ouest africain, est devenu le deuxième africain à être ordonné évêque anglican. Il a joué un rôle critique dans la préservation de l'église lorsque elle s'est retrouvée face au séparatisme mené par les dirigeants d'églises indépendantes.

Johnson est né en Sierra Leone de parents Yoruba qui étaient devenus esclaves mais qui ont été capturés une deuxième fois et relâchés par une patrouille anti-esclave britannique. Il a été diplômé de Forah Bay Institute et a été ordonné, devenant ensuite pasteur de la Church Missionary Society [CMS, société missionnaire de l'église] et assigné au "pastorat indigène." Il était partisan de l'évangélisation de l'Afrique par les africains, sous la direction africaine, et ne travaillait donc pas toujours facilement avec ses collègues britanniques. En 1874, en raison du fait qu'il maîtrisait la langue Yoruba et qu'il était populaire parmi les nationalistes africains, il est allé au Nigeria pour assumer la mission Yoruba qui y existait.

A cause de ses pensées sur la direction africaine, Johnson est devenu leader naturel de l'élite éduquée africaine à Lagos. Il critiquait ouvertement l'impérialisme, encourageait les possibilités éducatives pour les africains, et prônait une église autonome et financièrement indépendante.

Johnson a commencé à susciter de l'argent pour créer un fonds de 10.000 livres sterling qui servirait de dotation pour la mission du Niger, permettant à celle-ci de se libérer de sa dépendance sur l'Angleterre. Cet effort à fait tellement peur à ses opposants qu'ils l'ont littéralement expulsé de sa paroisse.

Selon Johnson, le christianisme était la seule valeur que l'Europe avait à offrir à l'Afrique. Il pensait aussi que le christianisme devrait se libérer du contrôle occidental aussi vite que possible : "Il est plus utile que l'on demande à un peuple de prendre ses responsabilités en main …plutôt que de leur donner le statut de vaisseaux en remorque." En 1886, il a rejoint le Conseil Législatif du Nigeria, où il était porte-parole des intérêts africains.

Johnson était collègue de Samuel Crowther, qui dirigeait la mission du Niger. Il était plus flexible que l'évêque Crowther dans les relations avec les religions traditionnelles et pensait qu'elles avaient des choses à apprendre au christianisme. Il ouvrait le dialogue avec les devins et incorporait les noms religieux Yoruba aux rites du baptême chrétien. Cependant, il était contre le séparatisme et s'opposait à toute tentative de division dans l'église anglicane. Pour Johnson, la solution était d'avoir une église anglicane de direction africaine, de philosophies africaines, et de théologie africaine. Il a fait preuve de sa loyauté anglicane lorsqu'il a accepté et a soutenu la décision de la CMS vis-à-vis de la déposition de l'évêque Crowther.

En 1900, Johnson est devenu évêque assistant de la Mission du Niger, une position qu'il a gagnée grâce à sa loyauté envers la CMS. Il a aussi obtenu ce poste parce qu'il incarnait le seul espoir de retenir l'élite nigérienne qui était de plus en plus attirée par les nouvelles églises indépendantes africaines. Johnson a excommunié son ancien associé Garrick BRAIDE et ultimement, a préservé l'église anglicane dans une époque où elle aurait bien pu disparaître au Nigeria. Rigoureux et exigeant vis-à-vis de lui-même, il a été appelé "saint Johnson" en raison de sa piété et de sa vie de prière.

Norbert C. Brockman


Bibliographie:

Lipschutz, Mark R. et R. Kent Rasmussen. Dictionary of African Historical Biography [Dictionnaire historique de biographies africaines] 2ème édition. Berkeley: University of California Press, 1986.
Ewechue, Ralph (éd.). Makers of Modern Africa [Les créateurs de l'Afrique moderne] 2ème édition. London: Africa Books, 1991.



Cet article est reproduit, avec permission, de An African Biographical Dictionary [Un dictionnaire de biographies africaines], copyright © 1994, édité par Norbert C. Brockman, Santa Barbara, California. Tous droits réservés.




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